Nettoyer en toute sécurité : les clés de la prévention des risques dans les métiers de la propreté

image présentant des salariés sur leur poste de travail dans les métiers de la propreté

Les métiers de la propreté exposent les salariés à divers risques professionnels, tels que les douleurs au dos et aux articulations, les chutes, les intoxications et les accidents de la route. Comment un employeur peut-il prévenir ces risques ? Quelles sont les mesures à envisager ? Comment réduire l’absentéisme et le report de charge sur les salariés présents ? Comment se protéger des conséquences de ces accidents ? Quels sont les enjeux ?

Les enjeux des risques professionnels

infographie exposant les risques et leurs conséquences dans les métiers de la propreté source CNAM

Les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés sont inhérents à leur métier. Ils sont aussi liés au contexte (diversité des lieux d’intervention, exigences croissantes des clients, non reconnaissance du travail accompli…) ou encore aux organisations et conditions de travail (sites dispersés, horaires décalés, temps partiels, cumul d’emplois…).

Dans ce secteur concurrentiel, caractérisé par une majorité de petites entreprises et une population salariée vieillissante, le suivi médical est complexe du fait même de l’activité, souvent multi-sites, multi-employeurs et multi-services de santé au travail.

Tout l’enjeu du repérage, de l’évaluation et de la prévention des risques professionnels est précisément de préserver la santé des salariés, de réduire l’absentéisme et le turn-over, d’éviter les accidents et les maladies professionnelles, de prévenir la désinsertion professionnelle et de favoriser le maintien dans l’emploi. Une bonne politique de prévention des risques peut constituer un atout pour attirer des nouveaux salariés et favoriser ainsi le recrutement sur ces métiers en tension.

Les principaux risques professionnels métier de la propreté :

Les 4 principaux risques sont les suivants :

  1. Douleurs au dos et aux articulations :
    • Manutentions manuelles répétées des produits et des matériels (transport du matériel d’un chantier à l’autre, ramassage des corbeilles au sol…)
    • Efforts physiques (tirer-pousser de bacs poubelles, chariots d’entretien) 
    • Matériel trop lourd ou non réglable à la morphologie des salariés (aspirateur…)
    • Délais de réalisation et effectifs inadaptés à l’intervention. 
  2. Chutes et glissades :
    • Sols glissants, humides ou endommagés, présence de marches ou de dénivelés.
    • Utilisation d’équipements non sécurisés pour les travaux en hauteur
    • Travail dans l’urgence.
    • Tenues de travail non adaptées (chaussures ouvertes non fixées au pied)
  3. Intoxications et allergies :
    • Utilisation de produits dangereux 
    • Absence de démarche de substitution des produits d’entretiens dangereux par des produits qui le sont moins.  
    • Formation insuffisante des salariés (lecture des étiquettes, modes opératoires)
    • Absence de protections individuelles (lunettes, masques, gants). 
  4. Risque routier :
    • Déplacements longs et fréquents dus à l’éloignement des différentes zones d’activité. 
    • Itinéraires inconnus ou insuffisamment préparés.
    • Défaut d’aménagement des véhicules et d’arrimage du matériel et des produits
    • Défaut d’entretien des véhicules (éclairage, clignotants, feux stop, freins…) 
    • Conditions de conduite difficiles (neige, verglas, …)

Quelle démarche adopter pour réduire les risques professionnels ?

Une entreprise veut faire sa priorité de l’amélioration des conditions de travail et la diminution des risques professionnels ? Cette démarche en 5 étapes peut être mise en place :

  1. Mettre en place le projet : définir les étapes, les personnes à impliquer (internes ou externes), le calendrier
  2. Identifier les dangers et évaluer les risques poste par poste
  3. Rechercher des pistes de prévention et élaborer le plan d’actions en s’inspirant de ce qui déjà en place fonctionne mais aussi de nouvelles. Il est très riche d’écouter les solutions proposées par les salariés eux mêmes qui effectuent les gestes au quotidien.
  4. Mettre en oeuvre et suivre le plan d’actions : calendrier des actions de prévention (entreprises de moins de 50 salariés), PAPRIPACT (entreprises de + 50 salariés),
  5. Evaluer l’efficacité, améliorer, péréniser et mettre à jour son DUER.
une démarche en 5 étapes pour agir sur la prévention des risques professionnels - du document unique au plan d'actions 

1. mettre en place le projet 
2. identifier les dangers et évaluer les risques par unité de travail 
3. rechercher des pistes de prévention et élaborer le plan d'actions 
4. mettre en oeuvre et suivre le plan d'actions 
5. evaluer l'efficacité des actions et mettre à jour le document unique

Comment identifier les dangers et évaluer les risques ?

Avant de définir toute action de prévention, il est important de bien connaître les risques. Voici une série de questions à se poser :

Les métiers

  • Vos salariés interviennent-ils dans :
    • des secteurs traditionnels (tertiaire, industriel ) ?
    • des secteurs sensibles comme :
      • le milieu de soins ?
      • l’industrie nucléaire ?
      • l’industrie pharmaceutique ?
      • l’industrie agro-alimentaire ?
    • des métiers associés (maintenance, conciergerie…) ?
  • Vos salariés, en plus du nettoyage,font-ils des tâches associées ?
    • désinfection en milieu de soins ou milieu agro-alimentaire ?
    • maintenance (climatisation…) ?
    • service de restauration ?
    • accueil du public ?
    • entretien (électricité, peinture, espaces verts,ramassage d’encombrants, de déchets…) ?

Les risques

Dans le cadre de leur activité, vos salariés peuvent-ils être exposés aux :

  • risques de troubles musculo-squelettiques ?
    • ont-ils des postures pénibles ? Des gestes répétitifs ?
    • portent-ils des charges lourdes ?
    • ont-ils les moyens (temps, matériels) d’accomplir leurs tâches ?
    • sont-ils formés à l’utilisation du matériel, aux “bons gestes” ?
  • risques chimiques ?
    • manipulent-ils des produits d’entretien, des produits chimiques de nettoyage, des
      produits de désinfection ou des produits anti-graffitis ?
    • sont-ils amenés à mélanger ou transvaser des produits ?
    • savent-ils lire les étiquettes ?
    • disposent-ils des fiches techniques ?
  • risques psychosociaux ?
    • travaillent-ils en présence d’autres professionnels, de clients ?
    • ont-ils des horaires atypiques (décalés, coupés, de nuit) ?
    • l’organisation permet-elle de varier les tâches ?
    • l’activité permet-elle le travail en équipes ?
  • risques biologiques ?
    • travaillent-ils en milieu de soins ?
    • manipulent-ils des déchets ?

Les salariés

  • Vos salariés sont-ils souvent absents pour accident ou maladie ?
  • Se plaignent-ils de douleur, de gêne ou évoquent ils la pénibilité au travail ?
  • Quels sont les moyens de suivi de la santé au travail des agents de propreté ?
  • Dans vos équipes comptez vous des travailleurs handicapés ? Des travailleurs vieillissants ?
  • Certains de vos salariés ont ils des restrictions d’aptitude ?
  • Avez vous aménagé des postes de travail avec votre médecin du travail ? un ergonome ? … pour certains de vos salariés ?
  • Disposez vous de procédures spécifiques de maintien dans l’emploi au poste de travail pour des salariés au retour d’arrêts prolongés pour maladies ou accidents ?

Dans le cadre de leur activité, vos salariés peuvent être exposés à d’autres risques comme le risque routier (déplacement d’un site à l’autre), risque de chute (travail en hauteur), risque électrique, risque d’exposition au radon, rayonnements, … Ils peuvent être amenés à intervenir dans un environnement difficile (bruit, poussières, vibrations, …) ou travailler de façon isolée.

Un point spécifique aux métiers de la propreté sera également de réduire les risques liés à la coactivité à travers des plans de coactivité ou de prévention à l’initiative du client ou de l’employeur notamment lorsque les 400 heures d’intervention annuelles sont dépassées sur un site.

Vous pouvez aussi retrouver des informations pratiques sur les mesures de prévention sur le sites de l’INRS,

Conclusion

Les métiers de la propreté sont essentiels pour maintenir des environnements sains et hygiéniques, mais ils ne sont pas sans risque pour les travailleurs. En tant qu’employeur, il est de votre responsabilité de garantir la sécurité de vos employés en identifiant et en prévenant les risques professionnels, aixquels ils sont exposés.

Ainsi en mettant en place des mesures de prévention adéquates, les professionnels de la propreté peuvent créer un environnement de travail sécurisé, garantissant ainsi la santé et le bien-être de leur personnel tout en préservant la qualité de leurs prestations et la satisfaction des clients.

Comme toute entreprise, les propriétaires d’entreprises de propreté doivent évaluer les risques auxquels sont confrontés leurs salariés, les transcrire au sein du document unique qui devra être mis à jour régulièrement pour tenir compte de l’évolution de l’activité.

Vous êtes un professionnel de la propreté et souhaitez faire un point sur votre activité ? Contactez-nous .

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